Je dois m’avouer quelque peu troublée par mon retour sur ce blog.

Je ne l’ai pas relu depuis 2012, ce qui nous amène donc à presque 3 ans d’absence. Ce n’est pas vraiment étonnant, puisque je n’ai jamais démontré la moindre fidélité envers Lady Monologue ni aucun des autres blogs que j’ai entretenus par le passé. Un blog, comme un vieux vêtement gardé par nostalgie, n’est qu’un vestige, sans la moindre possibilité de survie utile une fois passé du garde-robe aux boîtes à souvenir.
Alors pourquoi y revenir, cette fois? Soyons honnête, ce n’est pas à cause de la popularité (inexistante) qu’il a eue! Mais y organiser mes pensées et quelques unes de mes innombrables listes m’a été d’une grande utilité. Il m’a servi d’archive pour certains de mes textes qui ne méritaient pas d’être conservés de façon permanente sur un fichier Word. Il m’a permis de m’exprimer sur des sujets qui, là encore, ne le méritaient pas réellement mais sur lesquels garder silence me semblait pesant. C’est bien pour cela que je l’ai créé: soulager mon entourage d’une partie des inanités qui me tournent sans cesse en tête.

Il faut croire que je suis de nouveau à une période de ma vie où la quantité monstrueuse de monologues qui me passent en tête mérite d’être réduite par ce merveilleux exorcisme qu’est l’écriture d’un blog peu lu. Soit!

Tellement de choses ont changé dans ma vie que je ne me sens même pas le cœur de les énumérer (sans compter la parfaite inutilité de l’exercice). Mais, comme l’annonçait la première phrase de ce glorieux post de retour, je suis troublée de me relire. C’est un mélange de nostalgie, de soulagement (de ne plus être dans le même état d’esprit qu’alors) et de reconnaissance envers ma «nouvelle» vie.

Je me contenterai d’un petit follow-up sur mon texte sur le suicide: le temps a bien réglé les choses. Je ne redeviendrai jamais la naïve merry-go-happy pré-adolescente que je fus, mais oui, It Gets Better. It even gets Good. Pretty Good, even. Ça fait plaisir de le réaliser.

 

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Depuis que j’ai redécoré ma chambre dans un style plus XIXème siècle/victorien, mon ancien miroir n’allait plus avec l’ensemble. C’est un miroir tout ce qu’il y a de plus simple, rond, d’environ 1 mètre de diamètre. Ne pas avoir de miroir dans ma chambre n’étant pas une solution envisageable, et dégoûtée d’acheter un nouveau miroir alors que j’en avais déjà un, j’ai décidé de le «customizer». L’idée de peindre le contour pour imiter un cadre de vitrail, tout en laissant la majorité de la surface nue, m’a plu instantanément. Premièrement, la peinture à faux-vitrail est une technique que je connais bien –je l’ai même enseignée. Deuxièmement, ça ne coûte pas trop cher (même si je n’avais pas encore le matériel de base) et troisièmement, ça va être magnifique! Alors, hop we go, je m’y mets.
Le premier défi a été de trouver un modèle qui 1) soit rond; 2) puisse avoir une bonne partie du centre vide; et 3) ait un look de vitrail victorien (le vitrail Art Déco est superbe, mais ce n’est pas le style recherché). J’ai parcouru illégallement pendant mes heures de travail lu quelques manuels de faux-vitrail (j’ai simplement calqué les modèles intéressants sur un bout de papier). J’ai cherché sur internet (au départ, Google s’est malheureusement avéré moins fertile que je l’avais prévu). J’ai dessiné, calculé, imaginé. J’ai pensé fusionner deux modèles qui me plaisaient particulièrement pour en faire un nouveau, puis la chance m’a sourie et Uncle Google m’a trouvé quelque chose de parfait. Étape 1: réussie. Yeah!

Le défi suivant était de transférer le modèle sur le miroir. Le papier graphite est exclu, puisqu’il n’écrira pas sur une surface vitrée. Un rétroprojecteur serait tout simplement parfait, mais je n’en ai pas et ça coûte une petite fortune. Et ce n’est pas comme si je pouvais en construire un moi-même (j’ai vérifié, évidemment… mais c’est trop complexe et long pour moi). J’ai donc été contrainte de mettre le projet de côté en attendant d’avoir un éclair de génie.

Et quel éclair ce fut! Quelques mois plus tard, alors que je faisais la touriste dans le nouveau Michael’s qui venait d’ouvrir près de chez moi, je découvre cette petite merveille:

CHACOPAPER WOOT WOOT

Chacopaper de la marque Speedball

En gros, c’est le même principe qu’un papier graphite et s’utilise selon la même technique, mais ça fonctionne aussi sur des surfaces non-poreuses comme le verre, le métal, etc. «Euréka!» me suis-je écriée. «Voilà la solution à mon problème de miroir!»

Puisque mon modèle est répétitif, j’ai imprimé une petite partie à l’échelle convenable pour mon miroir. Nettoyage du miroir, nombreux calculs, trouver le centre, diviser en 8 parties (puisque le motif revient 8 fois) que j’ai dessinées à l’aide d’un marqueur effaçable… je vous épargne les détails.

Il suffit alors de placer le Chacopaper sur la surface, côté transfert vers le bas, de placer par-dessus notre modèle, de fixer le tout avec du masking tape et, à l’aide d’un stylet à embosser (ou de tout autre objet avec une pointe ronde) de tracer fermement, mais délicatement, le motif. On continue jusqu’à ce que mort s’ensuive… ou qu’on ai transféré tout le motif.

Ruban de plomb adéhsif pour vitrail, de marque Pébéo

Une fois le modèle transféré sur le miroir, j’ai fait les contours à l’aide de ruban de plomb:

C’est simple: il suffit de coller le ruban en suivant notre motif, de le tailler à l’aide d’une lame de rasoir, puis de l’écraser soigneusement avec l’outil inclus. On fait ça pour tous les contours. Puis, on nettoie bien la surface au vinaigre blanc ou à l’alcool avant de peindre.

Un petit truc pour faire les pointes… j’ai fait un magnifique graphique sur Paint pour illustrer la technique (voyez mon talent indéniable!!).

Comment tracer une pointe en ruban de plomb

Comment tracer une pointe en ruban de plomb

1- On colle le plomb d’un côté en laissant dépasser environ 2-3 cm. 2-On colle l’autre côté. 3- À l’aide de la lame de rasoir, on coupe au centre, en faisant bien attention de couper les deux épaisseurs (souvent on l’entend quand c’est bien coupé, ça fait un «tac!»). 4) Tirer les deux bouts en trop en faisant attention de ne pas décoller le reste. Et voilà! Une belle pointe bien définie, bien pointue, coupée en flèche.

J’ai beaucoup hésité sur la sorte de peinture à faux-vitrail que j’utiliserais. Mon dilemme était entre la peinture Gallery Glass, de Plaid, et Vitrail, de Pébéo.

Gallery Glass:

Avantages: très facile à utiliser (directement de l’embout sur la bouteille); texture épaisse donc se contrôle bien; moins cher que Pébéo; j’en ai déjà 2 couleurs!; nettoyage easy as fuck; sèche vite; s’utilise également à la verticale.

Désavantages: moins de liberté dans les techniques d’application; difficile (voire impossible) de mélanger les couleurs; ressemble moins à du vrai vitrail; parfois des problèmes de bulles d’air.

Vitrail:

Avantages: grand éventail de techniques d’application; contrôle de la transparence et de l’opacité grâce au médium; on peut mélanger les couleurs facilement; possibilité de le faire ressembler de près au vrai vitrail; très belles couleurs.

Désavantages: coûte plutôt cher; se nettoie difficilement (il faut utiliser du white-spirit); on ne peut pas réutiliser les pots dans lesquels on fait les mélanges s’ils sont en plastique (le white-spirit les gruge); il faut également acheter le médium; application requiert des instruments (pinceaux, petite cuillères, etc).

Au final j’ai décidé d’utiliser la Pébéo. Oui, ça coûte plus cher, et Dieu sait que je déteste nettoyer mes instruments au solvant (ça pue, ça colle, c’est chiant…), mais je voulais les résultats les plus professionnels possibles. Il va juste falloir que je rentabilise toutes ces couleurs en faisant d’autres projets de faux-vitrail!

Ce post est déjà assez gros, alors je laisse le reste des instructions pour une autre fois.

Le fait que je ne l’ai pas encore fini est… un détail. Tout simplement.

C’était un vendredi soir. Toute la famille se préparait à partir pour la fin de semaine. On courrait, paquetait, cherchait. Le chien haletait, gémissait. Moi j’étais cachée dans la salle de bain, dans le noir complet.
Accroupie, le front entre les genous, j’essayais de réguler ma respiration. Mon dos était parcouru de frissons et ma peau hypersensible était piquée de chair-de-poule. J’avais l’impression de brûler vive. Cela m’arrivait parfois, je ne savais jamais vraiment pourquoi. Généralement ça commençait par l’impression bizarre d’avoir une infection urinaire. J’avais envie d’uriner, ça me brûlait horriblement. Puis la chair de poule, et l’impression que ma chair était à vif. Mes vêtements me semblaient être faits de papier sablé, l’air irritait ma peau. J’avais des sueurs froides. Lorsque cela arrivait, je n’avais d’autre solution que d’attendre que ça passe. Je me réfugiais quelque part, dans la solitude et la noirceur, et j’attendas que cesse la torture. Mais voilà, là, il fallait partir…
-On est prêts!», appella mon père. «Tu viens?»
Je ne peux pas faire ça. Je ne peux pas je ne peux pas je ne peux pas… Tout mon être hurlait. Non, je ne pouvais pas rester une heure et demie, coincée dans la voiture avec trois humains, deux chats et un chien. Ma peau me brûlait. Le son me heurtait. Le regard des autres sur ma peau m’envoyait des décharges électriques. Je ne peux pas faire ça, je ne peux pas…
Cela me prit tout mon courage, mais je réussis à me lever, ouvrir la porte et sortir. Je ne peux pas leur dire comme ça, à brûle-pourpoint, que je ne viens pas. Je ne suis engagée à venir. Ils ne comprendraient pas. Ils seraient fâchés. Je ne pourrais pas leur expliquer. Que leur dire, de tout façon? «Hey, finalement je ne viens pas! Je n’ai plus de peau, voyez-vous, tout mon être hurle, la lumière me fait mal, j’ai besoin de solitude sinon je vais exploser. Ok?» Non, ils ne comprendraient pas. Je n’ai pas le choix.
Dans la voiture, je me recroquevillai contre la portière, mon capuchon rabattu sur les yeux, le cou rentré dans les épaules. Les talons sous les fesses, les bras autour du corps, je me pliai en deux pour occuper le moins d’espace. Ils vont penser que je suis fatiguée, que je dors, je n’éveillerai pas de soupçons comme ça. Je tentai de me réfugier hors du monde, me mis en mode «survie». Les yeux fermés de toutes mes forces, j’essayais d’oublier les horribles frissons qui me secouent, les signaux de douleur envoyés par mes nerfs hypersensibles. J’avais envie de vomir. Le bruit de leur conversation et des miaulements plaintifs des chats sonnaient comme des ongles grinçant sur un tableau noir, alors j’enfonçai des écouteurs dans mes oreilles et mis le volume au maximum. Fog, de Radiohead.Enfonce-toi dans ta tête, je me chuchotai à moi-même. Tu sais que ça ne passera pas si tu restes ici, avec eux, dans cette voiture bondée avec ces gens et ces sons, avec cet air qui t’arrache les poumons de l’intérieur à chaque respiration. Oublie les frissons. Oublie la douleur. Enfonce-toi, noies-toi dans ta tête et dans la musique. Que ferais-tu si tu pouvais être n’importe où?
Je me concentre sur le noir lumineux à l’intérieur de mon front. Je me noie dans la musique trop forte, le bruit de tapotement de Fog. Graduellement j’y arrive. Je suis dans la salle de bain. Les lumières sont fermées, la noirceur est un tel soulagement que j’ai envie de pleurer. Je suis accroupie, fermée sur moi-même, par terre sur le plancher de la douche. L’air est chaud et humide. Le jet brûlant de la douche martèle mon dos sans me blesser. Je tremble encore un peu, mais la chair de poule disparait doucement. Je laisse s’échapper un souffle long comme le monde, qui quitte mon corps avec un sanglot brisé. Je prends une grande respiration, la retient un moment dans ma poitrine, puis encore une fois la laisse s’échapper, tremblante à cause des sanglots qui me secouent, emportant avec elle une partie de ce poids qui m’écrase. Doucement je déplie mes bras d’autour de moi et me couche au sol en chien-de-fusil. L’eau brûlante continue de couler sur moi, emportant dans le drain les épines plantées dans ma chair. J’entends la pluie et la solitude.

(texte écrit en mars 2013)

Aujourd’hui, Humanité, je te présente un nouvel exercice d’écriture, fait il y a quelques mois. Il n’y avait qu’une contrainte: autoportrait. Cet exercice a plus tard été retravaillé. J’en ai enregistré une lecture, car je crois qu’il est plus intéressant à entendre qu’à lire, mais la qualité de l’enregistrement est si médiocre que je n’oserai pas le mettre sur internet, même si ce n’est que mon humble blog. Peut-être plus tard…?

Le masque

Vous croyez voir mon visage; vous ne voyez qu’un masque.

Il est à la fois mon arme et mon bouclier. J’ai l’air de m’en foutre, que rien ne peut m’atteindre, d’être au dessus de tout. Ni joie ni tristesse; un mur de verre qui me sépare du monde et de ses pluies acides. C’est le jeu du «je n’ai pas besoin de toi». Mon plus grand rôle. Mon terrible chef-d’œuvre.

Quand on ressent tout trop fort, quand la moindre brise est un hurlement à nos oreilles, on n’a pas le choix de s’emmurer en soi. Sinon, on se noie. Le monde nous engloutit, pénètre nos yeux et nos narines, s’engouffre dans notre gorge comme un torrent brûlant. Nous étouffe et nous écrase de l’intérieur. Je le sens, là, sous mon sternum, une pression terrible que je retiens d’une main : le monde tout entier, comprimé en moi et qui menace de me fissurer.

J’ai déjà entendu dire des gens comme moi que nous sommes l’équivalent émotionnel des grand brûlés. Le monde qui nous frôle, à fleur d’une peau écorchée qui ne protège de rien, est une cruelle morsure. Quand la vie m’assaille de ces myriades d’épines émoussées qui sont notre lot quotidien, je saigne et trébuche. Une goulée de l’air vicié du monde suffit à débalancer ma fragile contenance.

Nous vivons en parallèle, sans jamais nous rencontrer. Sous mon masque, je suis en ébullition, mais l’écume reste cachée derrière mes dents serrées. Inutile de chercher mon œil pour y trouver la vérité; il est noir et opaque comme de l’eau croupie (pourtant les images s’y cramponnent comme des sangsues tétant le sang chaud de la mémoire). J’étouffe, je me noie. Un regard, un mot, une odeur suffit à m’engloutir à nouveau, comme une vague qui rase la berge à peine mousseuse de verdure. Je lutte, me débat dans la tempête. Chaque respiration est un peu plus oppressée que la précédente. L’eau emplit mon poumon.

Le lendemain, il faudra tout recommencer.

C’est la mascarade quotidienne, une terrible routine. Chaque jour je frôle la noyade, chaque matin je me jette à nouveau dans l’océan.

Mais vous n’avez rien vu de tout cela. J’étais cachée sous mon masque.

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J’imagine que je n’ai pas besoin de mentionner que j’étais dans une mauvaise période…

C’est le soir, il est tard, autour de 11h PM. Mon invitée est partie il y a quelques heures, mais je suis toujours attablée devant la baie vitrée, à boire du thé en lisant des webcomics. Je sais que n’importe qui peut me voir du dehors, mais bon, je suis confortable. Depuis quelques minutes j’entend de drôles de bruits derrière et autour de moi. Tout d’un coup, BAM! Je me retourne, et la porte d’entrée est grande ouverte! Le vent s’engouffre dans la maison, et il fait si noir dehors… Je me dépêche d’aller la fermer à clef, je sens une présence autour de moi. Je préviens le fantôme que je ne veux pas de problème, que s’il a de bonnes intentions c’est cool, mais que je n’ai pas de temps à perdre pour un fantôme ayant de mauvaises intentions! Je retourne à la table et à mon ordinateur.

Quelques minutes plus tard un grand fracas retentit, encore. Ça semble venir de la cuisine. Un pot plein de thé mouillé vient de tomber par terre! Il y a du thé partout. Je ramasse, roule les yeux à mon fantôme et annonce que, ouiiiii, je sais qu’il faut que je nettoie la cuisine et lave la vaisselle, juste…. plus tard, ok? Je retourne à mon ordinateur en me sentant vaguement coupable.

Moins d’une heure après, j’ai horriblement mal au coeur. Je vais me servir un bol de riz (après tout, je n’ai toujours pas mangé…). Je commence à ranger la cuisine, tranquillement… je me tanne rapidement et décide de retourner à mon ordinateur. Fermé! Pourtant… il est branché, ne manque pas de batteries, rien…

Je crois que j’ai attiré un fantôme épris de ménage dans ma maison…. jeez.

Bon, j’y vais. J’ai de la vaisselle à faire…