Archives de la catégorie ‘Poèmes et prose’

C’était un vendredi soir. Toute la famille se préparait à partir pour la fin de semaine. On courrait, paquetait, cherchait. Le chien haletait, gémissait. Moi j’étais cachée dans la salle de bain, dans le noir complet.
Accroupie, le front entre les genous, j’essayais de réguler ma respiration. Mon dos était parcouru de frissons et ma peau hypersensible était piquée de chair-de-poule. J’avais l’impression de brûler vive. Cela m’arrivait parfois, je ne savais jamais vraiment pourquoi. Généralement ça commençait par l’impression bizarre d’avoir une infection urinaire. J’avais envie d’uriner, ça me brûlait horriblement. Puis la chair de poule, et l’impression que ma chair était à vif. Mes vêtements me semblaient être faits de papier sablé, l’air irritait ma peau. J’avais des sueurs froides. Lorsque cela arrivait, je n’avais d’autre solution que d’attendre que ça passe. Je me réfugiais quelque part, dans la solitude et la noirceur, et j’attendas que cesse la torture. Mais voilà, là, il fallait partir…
-On est prêts!», appella mon père. «Tu viens?»
Je ne peux pas faire ça. Je ne peux pas je ne peux pas je ne peux pas… Tout mon être hurlait. Non, je ne pouvais pas rester une heure et demie, coincée dans la voiture avec trois humains, deux chats et un chien. Ma peau me brûlait. Le son me heurtait. Le regard des autres sur ma peau m’envoyait des décharges électriques. Je ne peux pas faire ça, je ne peux pas…
Cela me prit tout mon courage, mais je réussis à me lever, ouvrir la porte et sortir. Je ne peux pas leur dire comme ça, à brûle-pourpoint, que je ne viens pas. Je ne suis engagée à venir. Ils ne comprendraient pas. Ils seraient fâchés. Je ne pourrais pas leur expliquer. Que leur dire, de tout façon? «Hey, finalement je ne viens pas! Je n’ai plus de peau, voyez-vous, tout mon être hurle, la lumière me fait mal, j’ai besoin de solitude sinon je vais exploser. Ok?» Non, ils ne comprendraient pas. Je n’ai pas le choix.
Dans la voiture, je me recroquevillai contre la portière, mon capuchon rabattu sur les yeux, le cou rentré dans les épaules. Les talons sous les fesses, les bras autour du corps, je me pliai en deux pour occuper le moins d’espace. Ils vont penser que je suis fatiguée, que je dors, je n’éveillerai pas de soupçons comme ça. Je tentai de me réfugier hors du monde, me mis en mode «survie». Les yeux fermés de toutes mes forces, j’essayais d’oublier les horribles frissons qui me secouent, les signaux de douleur envoyés par mes nerfs hypersensibles. J’avais envie de vomir. Le bruit de leur conversation et des miaulements plaintifs des chats sonnaient comme des ongles grinçant sur un tableau noir, alors j’enfonçai des écouteurs dans mes oreilles et mis le volume au maximum. Fog, de Radiohead.Enfonce-toi dans ta tête, je me chuchotai à moi-même. Tu sais que ça ne passera pas si tu restes ici, avec eux, dans cette voiture bondée avec ces gens et ces sons, avec cet air qui t’arrache les poumons de l’intérieur à chaque respiration. Oublie les frissons. Oublie la douleur. Enfonce-toi, noies-toi dans ta tête et dans la musique. Que ferais-tu si tu pouvais être n’importe où?
Je me concentre sur le noir lumineux à l’intérieur de mon front. Je me noie dans la musique trop forte, le bruit de tapotement de Fog. Graduellement j’y arrive. Je suis dans la salle de bain. Les lumières sont fermées, la noirceur est un tel soulagement que j’ai envie de pleurer. Je suis accroupie, fermée sur moi-même, par terre sur le plancher de la douche. L’air est chaud et humide. Le jet brûlant de la douche martèle mon dos sans me blesser. Je tremble encore un peu, mais la chair de poule disparait doucement. Je laisse s’échapper un souffle long comme le monde, qui quitte mon corps avec un sanglot brisé. Je prends une grande respiration, la retient un moment dans ma poitrine, puis encore une fois la laisse s’échapper, tremblante à cause des sanglots qui me secouent, emportant avec elle une partie de ce poids qui m’écrase. Doucement je déplie mes bras d’autour de moi et me couche au sol en chien-de-fusil. L’eau brûlante continue de couler sur moi, emportant dans le drain les épines plantées dans ma chair. J’entends la pluie et la solitude.

(texte écrit en mars 2013)

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Aujourd’hui, Humanité, je te présente un nouvel exercice d’écriture, fait il y a quelques mois. Il n’y avait qu’une contrainte: autoportrait. Cet exercice a plus tard été retravaillé. J’en ai enregistré une lecture, car je crois qu’il est plus intéressant à entendre qu’à lire, mais la qualité de l’enregistrement est si médiocre que je n’oserai pas le mettre sur internet, même si ce n’est que mon humble blog. Peut-être plus tard…?

Le masque

Vous croyez voir mon visage; vous ne voyez qu’un masque.

Il est à la fois mon arme et mon bouclier. J’ai l’air de m’en foutre, que rien ne peut m’atteindre, d’être au dessus de tout. Ni joie ni tristesse; un mur de verre qui me sépare du monde et de ses pluies acides. C’est le jeu du «je n’ai pas besoin de toi». Mon plus grand rôle. Mon terrible chef-d’œuvre.

Quand on ressent tout trop fort, quand la moindre brise est un hurlement à nos oreilles, on n’a pas le choix de s’emmurer en soi. Sinon, on se noie. Le monde nous engloutit, pénètre nos yeux et nos narines, s’engouffre dans notre gorge comme un torrent brûlant. Nous étouffe et nous écrase de l’intérieur. Je le sens, là, sous mon sternum, une pression terrible que je retiens d’une main : le monde tout entier, comprimé en moi et qui menace de me fissurer.

J’ai déjà entendu dire des gens comme moi que nous sommes l’équivalent émotionnel des grand brûlés. Le monde qui nous frôle, à fleur d’une peau écorchée qui ne protège de rien, est une cruelle morsure. Quand la vie m’assaille de ces myriades d’épines émoussées qui sont notre lot quotidien, je saigne et trébuche. Une goulée de l’air vicié du monde suffit à débalancer ma fragile contenance.

Nous vivons en parallèle, sans jamais nous rencontrer. Sous mon masque, je suis en ébullition, mais l’écume reste cachée derrière mes dents serrées. Inutile de chercher mon œil pour y trouver la vérité; il est noir et opaque comme de l’eau croupie (pourtant les images s’y cramponnent comme des sangsues tétant le sang chaud de la mémoire). J’étouffe, je me noie. Un regard, un mot, une odeur suffit à m’engloutir à nouveau, comme une vague qui rase la berge à peine mousseuse de verdure. Je lutte, me débat dans la tempête. Chaque respiration est un peu plus oppressée que la précédente. L’eau emplit mon poumon.

Le lendemain, il faudra tout recommencer.

C’est la mascarade quotidienne, une terrible routine. Chaque jour je frôle la noyade, chaque matin je me jette à nouveau dans l’océan.

Mais vous n’avez rien vu de tout cela. J’étais cachée sous mon masque.

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J’imagine que je n’ai pas besoin de mentionner que j’étais dans une mauvaise période…

Divers exercices d’écriture faits dans diverses circonstances, qui m’ont diverti, m’ont fait réfléchir ou m’ont rendue fière, et que je met ici pour pouvoir les (re)garder. À part les quelques fautes occasionnelles que j’ai pu détecter, rien n’a été changé.

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I- LE TABLEAU

Critère: écriture automatique, commençant par «Le tableau noir»

«Le tableau noir se salit au fur et à mesure des mots qu’on y écrit car il s’agit d’un cours lourd et chargé sous la poussière intellectuelle chargé quoi dire quoi faire hésitation toujours salir ce qui est venu avant»

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II- L’AMAZONE

Critère: écriture automatique à partir d’une première phrase complète [mise en gras].

«Par une belle matinée du mois de mai, une élégante amazone parcourait, sur une superbe jument alezane, les allées fleuries du Bois de Boulogne. Hey, se dit-elle, une prostituée au pied d’un arbre. Pas étonnant, on est bien au Bois de Boulogne non? Encore étonnant qu’elle ait pas une seringue encore plantée au bras, un petit filet de sang entre les tendons. Salut ma belle, comment va le commerce aujourd’hui. Ma jument piaffe, faut toujours qu’elle se fasse remarquer celle-là. C’est pas toi qui l’intéresse, chose, calme tes sabots à moins d’avoir une seringue plantée dans tes chairs, j’veux pas l’entendre. « Ça va pas pire » dit la petite pute. Cool, hey, as-tu vu j’ai une fleur dans les cheveux, un iris je crois, tu ferais pas fureur avec ça? Avoue que tu la veux ma belle fleur. Non, c’est pas toi que j’appelle fleur, arrête de piaffer, merde, pourquoi les amazones portent pas d’éperons, tu mériterais un bon coup de bling-bling dans tes flancs moisis, maudite jument folle, tu me déconcentres, je parlais à la petite pute avec la jupe trop courte. Hey, pourquoi t’as pas une seringue dans ton joli bras blanc»

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III- LA FLAQUE

Critère: écriture automatique, aucune contrainte.

«Une flaque d’eau sur le rivage de la mer, il s’y noit des milliards de grains de sable, molécules flottantes parmi les algues. On y met le pied et on sacre, tabarnak pas encore, osti d’océan à marde, j’ai les chaussettes mouillées osti. Oublions le fait qu’on a pas regardé devant soi et que dans le fond, c’est notre faute, hey, c’est pas ma faute, c’est celle d’Antoine, seigneur de Kamouraska, c’est toujours de sa faute il ne demandait qu’à mourir. C’est probablement lui qui a poussé ce cri strident qui m’a fait tourner la tête et l’attention au moment fatidique où mon pas m’a porté en plein milieu d’une câlisse de flaque d’eau croupie. Pis me demande pas pourquoi j’ai mis des running shoes pour marcher sur la plage, c’était pas prévu ok? J’étais parti acheter du pain, des oeufs pis du colorant alimentaire»

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IV- ÉCONOMIE

Critère: Je ne m’en souviens plus très bien, ça fait longtemps. Écriture automatique sur un sentiment de colère, je crois.

«Ça va faire, la mauvaise qualité de toutt squi nous zentoure! Avant on gardait un micro-ondes pendant des décennies, avant notre baladeur durait des années maintenant si mon MP3 fonctionne encore après 2 ans I’m all over myself wow, quelle qualité. D’la marde criss.

C’EST TOUTT D’LA MARDE MAINTENANT

le pire c’est quc’est voulu, ils fabriquent

quand je dis ils vous savez de qui je parle quand je dit ils of course, les grosses légumes, le 1%

toutt nos objets pour qui cassent après 3 secondes ou plus précisément 2 mois après la fin dla garanti c’est

FUCKING

frustrant. C’est une décision économique

of course c’est TOUJOURS économique merde, pas étonnant.

fin de la parenthèse

économique car ça nous oblige à acheter plus toujours plus»

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V- PASTICHE DE DUCHARME

Critère: nous avons été présentés à un extrait de 3 pages du roman L’hiver de force, de l’auteur québécois Réjean Ducharme, puis il fallait écrire un court texte en le pastichant, c’est-à-dire en imitant son style d’écriture le plus possible, en écrivant comme lui (plus spécifiquement, comme lui dans CE texte). Sujet libre.

«Ça fait que, on sait plus trop où est-ce qu’on est rendus, on est perdus, condamnés à courir après nous-même comme des chiens après leur queue, et ce depuis le début de l’humanité et jusqu’à la fin des temps, jusqu’à ce que le Soleil mute en supernova et nous brûle tous comme de misérables petites saucisses imbues d’elles-mêmes et grésillantes. On cherche autour de nous une raison à notre existence, on interroge le ciel, les nuages les arbres alouette… On lit Nietzche et Platon et Freud et la Bible, puis on est apaisés jusqu’à la prochaine fois où on se réveillera en pleine nuit (haletant et suant d’un rêve vraiment terrifiant dont on ne se souvient plus) et que jusqu’au matin on fixera le mur, le plafond et l’envers de nos paupières, détruisant ainsi toute tentative d’oublier le fait qu’on est rien, qu’on a jamais rien été et qu’on ne sera probablement rien dans vingt ans non plus, si on vit jusque là…»

Le meilleur avantage, selon moi, de suivre des études de littérature, ce sont les cours de création littéraire. Ils nous obligent à écrire; quand on est, comme moi, non seulement d’une paresse infinie, mais également en grave manque d’inspiration, c’est l’idéal. C’est le coup de pied au cul qui nous oblige à nous asseoir et à écrire. Parfois, on peut même être agréablement surpris de ce que l’on a été capable d’écrire dans un laps de temps très court, avec des contraintes qui nous obligent parfois à sortir de notre zone de confort.

Parce que j’aime bien ces divers fragments, et que je veux les garder sans pour autant encombrer mes tiroirs déjà débordant, je vais simplement les poster ici. Voilà!

Vraiment, un blog est une chose infiniment utile.

Donc!

Premier exercice

Cours : Poésie

Contraintes : poème en vers ou en prose, rimé ou pas, d’environ une trentaine de mots, sous le thème de l’ENFERMEMENT, et dont le rythme doit être très rapide.

Poings sur le mur de droite le mur de gauche

de toutes mes forces défonce! défonce!

Corps propulsé lancé d’un mur à l’autre

le bois la pierre le béton défonce! défonce!

Claustrophobie angoisse angoisse angoisse angoisse

S’arracher les cheveux et les ongles

Tout pour sortir d’ici de soi    de toi et moi

défonce! défonce!

gratte la pierre

creuse le sol

sors de là

Brûle tout derrière toi.

Commentaires: ça doit être la première fois que j’écris un poème sur une relation amoureuse depuis… depuis… eh bien depuis ma dernière relation amoureuse (i.e. très, très longtemps!). En même temps c’est subtil, on parle avant tout, comme le demandait la contrainte, d’enfermement, donc ça passe, selon moi. J’aime les images fracassées, jamais parfaitement claires, et j’aime le rythme. En gros ça me plaît bien. On s’entend, ce n’est pas de la grande littérature, mais je n’ai pas été gênée de le lire devant la classe.

Premier exercice, variation

Contraintes : le premier poème, repris avec un rythme lent.

Il y a des traces de pas dans la glaise

qui vont et viennent d’un mur à l’autre

l’écho d’un cri dans l’air

encore retenu par mes os dont la mémoire est longue

Si longue qu’ils se souviennent d’un avant-ça, d’un avant-toi

d’un vieux souvenir tout poussiéré d’usure et d’espoir

Alors je marche de large en long, de haut en bas

pour trouver la sortie         mais je suis entrée par un entonnoir

dont on a bouché le trou

Alors je gratte de mes ongles la terre            Je cogne de mes poings la pierre

Je crée des sillons       Je cherche la clé

Mon corps est un boulet canon que je projette contre tes parois

Je vais sortir, just you wait

et je brouillerai mes pas derrière moi

pour ne jamais être tentée de revenir vers toi.

Commentaires: je le trouve plus boiteux, moins équilibré/intéressant que le premier, mais j’aime la façon dont j’ai repris la première histoire, fait des parallèles et des références (les ongles sont arrachés parce qu’ils ont griffé la terre; on lance son corps contre les murs; tout détruire en partant, etc) sans pour autant réutiliser les mêmes images. Je ne suis pas certaine d’avoir parfaitement respecté la contrainte, mais au final j’aime bien. Le rythme aurait pu être plus lent encore… La fin est la partie la moins bien travaillée, parce que je l’ai finie en vitesse quand il ne nous restait presque plus de temps… Au final, pour un simple exercise qui n’a pas pris plus d’une 10-15aine de minutes (pour la variation), ça me plaît. Je tiens à mentionner que le terme «poussiéré» n’existe pas et que son usage n’est pas une erreur, mais un choix délibéré. Le terme correct serait «poussiéreux».

Quand j’y pense…

J’ai commencé tant d’histoire sans jamais les finir. Mes cahiers de croquis et mon ordinateur sont pleins de textes et de dessins de personnages qui n’ont jamais dépassé le stade de l’ébauche. Ce n’est pas que je m’en suis désintéressée; il y a plusieurs histoires, plusieurs personnages que j’aime vraiment, que je voudrais vraiment écrire, un jour. Mais pour l’instant, ce sont des morts-nés.

J’ai décidé d’en faire la liste ici, une sorte d’archive personnelle. D’un côté, ça m’oblige à les décrire, ce qui pourrait aider à mettre de l’ordre dans mes idées et faire avancer l’histoire. De l’autre, ça me permet de les recenser. De toute façon, j’adore faire des listes ;)

Note: les noms sont des mots-clés temporaires, la façon dont je me réfère aux histoires en attendant de leur trouver un titre.

Note #2: sous les conseils d’une amie, j’ai écourté les résumés pour ne garder que de très brefs synopsis. Apparemment, les histoires auraient assez de potentiel pour que ça vaille la peine de les garder pour moi. C’est un beau compliment qu’on m’a fait, indeed. Malheureusement, réduits à l’os, sans la chair et le sang qui donnent la vie à un récit, ces résumés sont plutôt moches; tant pis…

WOLFE. L’histoire d’une femme cruelle, sans pitié, capitaine d’un bateau pirate. Se passe au XVIIIe ou IXe siècle, commence en Angleterre. On part de son enfance abusive, puis quand elle se fait embarquer comme mousse en se faisant passer pour un garçon. On suit son parcours, les difficultés qu’elle rencontre, jusqu’au jour où, le navire ayant été pris par des pirates, elle se joint à leurs rangs. Adolescente, endurcie et dangereuse dans sa détermination, elle finit par se procurer son propre navire et équipage et devient capitaine pirate. Etc, etc. Bref, biographie imaginaire d’un personnage qui n’a pas le coeur à la bonne place mais dont on s’éprend tout de même.

ANA. Pièce de théâtre, dont je n’ai écrit qu’une scène. Justine, adolescente presque normale, est assaillie par ses fantômes: l’anorexie et la boulimie. L’histoire n’est pas très claire encore, mais le message l’est. On compare les troubles d’alimentation à de fausses amies manipulatrices qui font de sa vie un enfer et la suivent partout.

JAZZ. Histoire qui, techniquement, est écrite au complet, mais qui doit être retravaillée. Conte/nouvelle initiatique et surréaliste dans laquelle Jazz, exclu de la société et musicien sans-abri, n’arrive pas à faire le deuil de son ami et protecteur Content. Il s’aventure sans s’en rendre compte dans un monde un peu pareil, un peu différent, où il essaie de retrouver Content, qu’il a cru entrevoir dans la vitrine du poste de police du quartier…

NOT A WORD. Nouvelle où une jeune femme raconte son amante fantôme, une coquille vide et muette dont les médicaments régulateurs d’humeur ont supprimées les émotions, suite à une vie de santé mentale précaire et de crises aigües dûes à sa bipolarité. Je ne suis pas certaine de vouloir écrire celle-là; ce devait être un cri contre les médicament régulateurs d’humeur à une époque où on voulait m’en faire prendre contre mon opinion. Ma situation et mes opinions ont changées, cette histoire est probablement morte avec elles.

LES YEUX NOIRS. J’y tiens beaucoup à celle-là. Format bande dessinée (un médium que j’affectionne particulièrement). Une jeune adulte souffrant d’une maladie rare et douloureuse qui touche les yeux. Pour l’instant, la majorité de l’histoire tourne autour de sa rencontre, dans un bar, avec une fille, de leur relation hésitante, de leurs secrets à chacune. Le récit est avant tout basé sur leur relation tâtonnante, hésitante, c’est une histoire très humble de deux personnes un peu poquées qui essaient de faire quelque chose de beau de cette relation. Presque une comédie romantique, mais sans la comédie…

(sans nom). Format vidéo; plus précisement, une série d’illustrations sur fond musical. Comme un dessin animé, mais sans animation, qu’une série de tableaux. Muet. Chaque épisode est indissociable de la chanson qui l’accompagne. Techniquement, c’est une «trilogie», mais il pourrait y avoir des «entre-épisodes». Se passe à l’ère victorienne. Une jeune fille de bonne famille entretient une liaison secrète* avec une femme plus âgée. Son père la marie à un homme riche et haut placé. La jeune fille résiste au mariage, mais on ne lui laisse pas le choix. Elle dépérit sous l’emprise de cet homme violent et cruel. Les années passent; la jeune fille tombe malade, meurt. Son amante attend son fantôme.

Voilà. Il y en a plein d’autres, bien sûr, mais ce sont les plus importantes.

Laquelle devrais-je travailler en priorité? Lesquelles ont du potentiel, et lesquelles devrait-je abandonner?

(oui, je te parle à TOI, lecteur inexistant, fantôme, inconscient collectif)

*incluant une scène érotique HOTHOTHOT. hihi.