Articles Tagués ‘court poème’

Le meilleur avantage, selon moi, de suivre des études de littérature, ce sont les cours de création littéraire. Ils nous obligent à écrire; quand on est, comme moi, non seulement d’une paresse infinie, mais également en grave manque d’inspiration, c’est l’idéal. C’est le coup de pied au cul qui nous oblige à nous asseoir et à écrire. Parfois, on peut même être agréablement surpris de ce que l’on a été capable d’écrire dans un laps de temps très court, avec des contraintes qui nous obligent parfois à sortir de notre zone de confort.

Parce que j’aime bien ces divers fragments, et que je veux les garder sans pour autant encombrer mes tiroirs déjà débordant, je vais simplement les poster ici. Voilà!

Vraiment, un blog est une chose infiniment utile.

Donc!

Premier exercice

Cours : Poésie

Contraintes : poème en vers ou en prose, rimé ou pas, d’environ une trentaine de mots, sous le thème de l’ENFERMEMENT, et dont le rythme doit être très rapide.

Poings sur le mur de droite le mur de gauche

de toutes mes forces défonce! défonce!

Corps propulsé lancé d’un mur à l’autre

le bois la pierre le béton défonce! défonce!

Claustrophobie angoisse angoisse angoisse angoisse

S’arracher les cheveux et les ongles

Tout pour sortir d’ici de soi    de toi et moi

défonce! défonce!

gratte la pierre

creuse le sol

sors de là

Brûle tout derrière toi.

Commentaires: ça doit être la première fois que j’écris un poème sur une relation amoureuse depuis… depuis… eh bien depuis ma dernière relation amoureuse (i.e. très, très longtemps!). En même temps c’est subtil, on parle avant tout, comme le demandait la contrainte, d’enfermement, donc ça passe, selon moi. J’aime les images fracassées, jamais parfaitement claires, et j’aime le rythme. En gros ça me plaît bien. On s’entend, ce n’est pas de la grande littérature, mais je n’ai pas été gênée de le lire devant la classe.

Premier exercice, variation

Contraintes : le premier poème, repris avec un rythme lent.

Il y a des traces de pas dans la glaise

qui vont et viennent d’un mur à l’autre

l’écho d’un cri dans l’air

encore retenu par mes os dont la mémoire est longue

Si longue qu’ils se souviennent d’un avant-ça, d’un avant-toi

d’un vieux souvenir tout poussiéré d’usure et d’espoir

Alors je marche de large en long, de haut en bas

pour trouver la sortie         mais je suis entrée par un entonnoir

dont on a bouché le trou

Alors je gratte de mes ongles la terre            Je cogne de mes poings la pierre

Je crée des sillons       Je cherche la clé

Mon corps est un boulet canon que je projette contre tes parois

Je vais sortir, just you wait

et je brouillerai mes pas derrière moi

pour ne jamais être tentée de revenir vers toi.

Commentaires: je le trouve plus boiteux, moins équilibré/intéressant que le premier, mais j’aime la façon dont j’ai repris la première histoire, fait des parallèles et des références (les ongles sont arrachés parce qu’ils ont griffé la terre; on lance son corps contre les murs; tout détruire en partant, etc) sans pour autant réutiliser les mêmes images. Je ne suis pas certaine d’avoir parfaitement respecté la contrainte, mais au final j’aime bien. Le rythme aurait pu être plus lent encore… La fin est la partie la moins bien travaillée, parce que je l’ai finie en vitesse quand il ne nous restait presque plus de temps… Au final, pour un simple exercise qui n’a pas pris plus d’une 10-15aine de minutes (pour la variation), ça me plaît. Je tiens à mentionner que le terme «poussiéré» n’existe pas et que son usage n’est pas une erreur, mais un choix délibéré. Le terme correct serait «poussiéreux».

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