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Oui, tu as bien lu, Humanité. Le monologue du jour sera trivial.

Puisque l’humain n’est pas qu’un être de raison, il serait injuste de me demander de n’écrire qu’à propos de sujets intellectuels, culturels ou philosophiques. Je suis également humaine –vraiment! Car oui, malgré mes dehors de créature étrangère, je suis bien (à ma grande honte) une représentante de l’espèce dite homo sapiens sapiens. Dans mon cas, peut-être même pourrait-on dire homo sapiens sapiens sapiens sapiens… jusqu’à la folie. But I digress.

Je vais te faire une confidence, Humanité. Je suis une invétérée, impénitente, incorrigible et inguérissable ramasseuse. Ce n’est pas rendu au point où l’on puisse me qualifier d’«amasseuse compulsive» (malgré le titre de cette chronique), mais c’est tout de même assez présent.

Je ramasse et garde tout: bouchons de bière, perles de vieux colliers, restes de bougie, emballages de sucreries, coupe brisée, découpures de journaux, petits contenants de plastique, épingles de nourrice, cadavres (nettoyés) de petits animaux tués par mes chats, mini-sac ziploc de plastique, punaises, craie à tableau, morceaux découpés de cartes de crédit, et j’arrête ma liste maintenant, car je ne veux pas t’effrayer, Humanité. Tu sais comme je tiens à te ménager!…

La cruciale différence entre moi et un amasseur compulsif, en plus du fait que je ne souffre d’aucun trouble obsessif-compulsif (thank god and jesus and all the saints in heaven!), est le fait que je garde tous ces machins dans le but de les utiliser. Vois cet usage de l’italique? C’est pour mettre l’emphase sur ce point décisif. Je ne les amasse pas simplement pour le plaisir de les amasser, mais parce que je compte (un jour, peut-être, bientôt, promis!) m’en servir dans un projet de DIY quelconque. Par exemple, j’ai la ferme intention d’un jour recoller la coupe brisée, un morceau à la fois, pour en faire un joli vase original. Les découpures de journaux me servent d’inspiration artistique. Je prévois me créer un pendentif avec le crâne de cardinal rouge (cardinalis cardinalis) que je garde.

Mon comportement est un peu à mi-chemin entre une volonté écologique (je ne veux pas gaspiller! Ça pourrait encore servir!) et un trop-plein de projets artisanaux. Éventuellement, je finis par utiliser ces trouvailles, et je ne les laisse pas s’empiler au point de contrôler ma vie. Et c’est justement en cela que consisteront ces chroniques du petit guide de la ramasseuse compulsive: comment les utiliser, les ranger, les choisir, etc. Je t’avais prévenu que le sujet serait trivial… Nous voilà partis pour le chapitre 1, Humanité!

Les bouts de savon

Si vous utilisez un savon en pain (solide) plutôt qu’un savon liquide, vous vous retrouvez sûrement plus ou moins régulièrement, dépendemment de la rapidité de votre consommation personnelle, avec ces petits vieillards de savon en fin de vie, trop petits pour être utilisés. Ou le sont-ils vraiment…?

Ok ok, j’arrête là ma tentative d’intéresser le lecteur (nonexistant d’ailleurs). Allez-vous en si vous vous ennuyez!

Voici ce que je suggère à ceux pris dans ce pénible dilemme moral: gardez ces petits bouts de savon dans un pot hermétique, et lorsque vous en avez accumulé une certaine quantité, faites-les fondre tous ensembles pour vous faire un nouveau savon! Pour ce faire, suffit de les mettre dans un pot allant au micro-ondes (j’utilise personnellement une tasse à mesurer à bec, pour verser facilement) durant ~30 secondes à 1 minute à puissance moyenne. On remue bien à l’aide d’une cuillère ou d’un bâton de pop-sicle (en gardez-vous, aussi?) avant de le remettre à chauffer. On répète le processus jusqu’à ce que le savon soit fondu. Il est important de ne pas trop le laisser chauffer; le savon ne doit pas se mettre à fumer car il perd alors une partie de ses propriétés hydratantes. Si vous le voulez, à cette étape vous pouvez ajouter tout ce qui vous passe par la tête: colorants et odeurs pour savon, huile essentielle (en étant toujours bien prudent, évidemment), flocons d’avoine pour exfolier, épices en poudre, etc –du moment que le produit ne soit pas frais (pétales ou feuilles non séchées, par exemple; elles pourriraient). Par contre, si vos différents bouts de savons étaient déjà fortement parfumés au départ, peut-être serait-il sage de ne pas en rajouter… Ensuite, il suffit de verser le savon fondu dans un moule –fait exprès pour le savon, ou alors moule à pâtisserie ou même brique de lait nettoyée dont on a coupé la partie supérieure. On laisse figer à température pièce et on démoule. Je conseille d’utiliser un moule flexible, mais si le vôtre est plus rigide et que vous avez de la difficulté à sortir le savon malgré le fait qu’il soit parfaitement figé (détail important), mettez-le quelques minutes au congélateur. Le savon se rétractera un peu dans le moule.

Et voilà! Un savon tout neuf, avec des matériaux qui ce seraient autrement ramassés au fond du drain… ne me remerciez pas, et courrez ramasser vos bouts de savon.

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